L’impression 3D se démocratise peu à peu. Cette révolution de l’industrie arrive en douceur mais tous les spécialistes s’accordent à dire qu’elle sera une étape majeure dans notre économie. En effet, les utilités sont multiples mais c’est surtout qu’elle engage obligatoirement un nouveau mode de pensée. Votre lave-vaisselle vient de tomber en panne ? Imprimez et changez la pièce défectueuse ! Vous cherchez une nouvelle coque pour votre smartphone ? Créez une protection unique et imprimez-la directement de chez vous ! Des amis viennent à l’improviste ? Imprimez des pizzas ! Nous allons voir dans cet article comment marche l’impression 3D, à quoi sert-elle mais aussi et enfin : quelles sont les perspectives d’avenir et les conséquences sur l’économie mondiale.

Imprimante 3D : à quoi ça sert ?

L’impression 3D permet de fabriquer une multitude d’objets mais s’invite aussi dans tous les domaines.
Il vous est désormais possible d’imprimer tous les objets de votre quotidien : décoration, meubles, vêtements, vaisselle, bijoux, maquettes, objets techniques,…et même bientôt sa maison (projet « Landscape House » de l’architecte néerlandais Janjaap Ruijssenaars) !
Dans le domaine de la santé, les perspectives sont également nombreuses. Aujourd’hui, il est possible de fabriquer des prothèses sur mesure ou des dispositifs médicaux totalement personnalisés et donc adaptés à 100% au patient. L’avenir nous réservera des surprises avec la mise en place de la bio-impression permettant de fabriquer des tissus humains améliorant de manière significative la recherche médicale. Même si des tests sont réalisés depuis déjà de nombreuses années, la technologie est aujourd’hui prête pour imprimer des cellules souches humaines.
Un fait divers a d’ailleurs beaucoup fait parler il y a quelques mois. Un bébé américain, né avec une malformation des voies respiratoires très grave, peut désormais vivre « normalement » chez lui grâce à l’impression d’une minuscule prothèse capable de s’adapter à sa trachée.
Côté gastronomie, l’impression 3D évolue aussi avec la création prochaine de la première imprimante à pizzas en partenariat avec la NASA, rien que ça… Les cartouches contenant les différents ingrédients (sous des formes spécifiques comme de la poudre, de l’huile ou de l’eau permettant de faciliter l’impression et une longue conservation), il serait donc possible d’imprimer la pizza de son choix ! L’objectif premier serait d’offrir une nourriture de meilleure qualité aux astronautes. D’autres projets fleurissent avec par exemple, une imprimante 3D permettant la création de produits en chocolat. Tout cela nous fait penser obligatoirement à la scène culte du film Le Cinquième Elément où un poulet est « créé » en quelques secondes après un passage dans un espèce de four micro-ondes…En tout cas, cela peut faire peur mais nous en sommes pas loin…

Imprimante 3D : comment ça marche ?

L’impression 3D est basée sur le principe de la « fabrication additive ». C’est très simple : le système dépose des couches successives de matières jusqu’à former l’objet en relief. Le processus peut utiliser à ce jour tous types de matériaux : du verre, du titanium, de la cire, de la poudre minérale, du PMMA (Polyméthacrylate de méthyle), de la poudre de polyamide, du plastique (ABS, PLA ou encore PVA), de la résine, de la céramique, du métal ou encore, nous l’avons vu plus haut : des tissus humains ou des aliments,…
Pour imprimer c’est très simple ! Avant tout, il est possible de confier l’impression 3D à un site (entreprise ou particulier avec envoi de l’objet à domicile) ou réaliser un objet directement de chez soi (dans ce cas-là une imprimante est nécessaire, nous l’aurons compris).
Dans les deux cas, il sera possible de créer l’objet que l’on souhaite imprimer directement via un logiciel 3D spécialisé. Vous n’êtes pas un designer dans l’âme ? Aucun problème ! Il est aussi possible de se baser directement sur un fichier 3D existant. Ces fichiers envahissent peu à peu la toile et nous avons aujourd’hui la possibilité de consulter des catalogues contentant des milliers d’objets génériques. Nous les trouvons directement sur les sites d’impression (par exemple Sculpteo), sur les forums, via les logiciels de partage « peer-to-peer » ou encore, par exemple, avec l’application Ebay Exact : une application mobile dédiée à l’impression 3D (Si vous ne connaissez pas, allez y faire un tour, ça vaut le coup !).

Imprimante 3D : combien ça coûte ?

Au fil des mois, cette technologie évolue et pour notre plus grand plaisir, le prix des imprimantes 3D dégringolent ! La démocratisation est en marche avec par exemple, l’arrivée de la « EX1-Basic » de 3D Freescult, une société allemande. A partir de 800€, elle permet de reproduire toutes sortes d’objets 3D en plastique ABS. Elle peut se baser sur n’importe quel fichier 3D. L’avantage, c’est que la « EX1-Basic » n’a pas besoin obligatoirement d’un PC car elle dispose d’un lecteur de carte SD intégré.
Les autres modèles ne manquent pas (3D Cube, Replicator,…) et les prix chutent à une vitesse folle. Vous pourrez en trouver facilement dès 400 euros (et très bientôt à moins de 300€ avec, par exemple, la Buccaneer lancée par Pirate3D) mais si vous voulez un conseil : évitez d’acheter une imprimante 3D pour le moment. La technologie étant nouvelle, elle évolue énormément et vous aurez l’occasion d’en exposer une fièrement chez vous quand celles-ci seront démocratisées. Les sites Internet permettent aujourd’hui de tester cette révolution à prix abordable (avec par exemple le site Sculpteo : nous en parlions plus haut).

Imprimante 3D Cube de Cubify, fabriquée par 3D Systems

Imprimante 3D : conclusion

Ce nouveau procédé est donc l’avenir de l’industrie et de l’économie. En effet, comme pour toute avancée technologique, une innovation a ou non du succès en fonction de son contexte. Ici, tout semble propice : les imprimantes 3D permettent donc une avancée écologique et  se présentent comme une solution à la délocalisation avec une limite du gaspillage des matières premières, une réduction des coûts (transports, livraison,…), une diminution des émissions de CO2,…Aussi, elles arrivent au moment où, la personnalisation est de mise. C’est en fait un nouvel « artisanat » qui se développe. Tout le monde, chez soi, peut et pourra donc créer ses objets 3D et les proposer à la vente, très facilement.
Le secteur secondaire est souvent synonyme de grosses machines, de spécialisation et de coût de transformation important et va donc vivre un nouveau tournant. L’impression 3D va « explosée » dans peu de temps et va bouleverser l’industrie. De nouveaux acteurs vont clairement émerger. Cette technologie s’améliore de jour en jour et nous sommes désormais très proches de sa démocratisation. Cependant, nous attendons encore trois améliorations indispensables : la pluralité des matériaux utilisés, le temps d’impression et le coût de revient. En attendant, les industriels s’y préparent. Le géant Microsoft a décidé, par exemple, lors d’une mise à jour de Windows, de prendre désormais en charge les fameuses imprimantes 3D…
Enfin, comme pour toutes grandes tendances technologiques, des déviances apparaissent…Vous ne voyez pas ? Vous l’avez compris, une imprimante 3D permet de créer n’importe quel objet…j’ai bien dit n’importe quel objet…C’est donc il y a peu de temps qu’un pistolet a été fabriqué ! Peu efficace, il lance tout de même le débat…surtout que le principe d’Internet étant le libre-échange, le fameux fichier 3D circule sur la toile. D’autres prototypes apparaissent désormais sur le web (et même depuis peu : des munitions).
Les imprimantes « classiques » avaient dû se voir attribuer des restrictions pour empêcher la fausse monnaie. Dans la même optique, certaines entreprises et organismes sont déjà en train de mettre au point des technologies permettant l’interdiction d’impression de certains produits.