Il y a quelques mois naissait Phonebloks, un projet du designer néerlandais Dave Hakkens reposant sur un principe simple : redonner ses lettres de noblesse au terme « pièce détachée » en proposant un téléphone portable entièrement personnalisable. Autre avantage de ce téléphone, il permettrait de changer chaque pièce défectueuse séparément, rendant ainsi l’obsolescence programmée… obsolète. C’est un comble !

C’est souvent la même histoire : au bout d’un an, votre smartphone préféré donne des signes de faiblesse. Après deux ans, vous avez au choix un écran fissuré, une batterie ridicule ou une prise jack muette… Après vous être renseigné auprès de votre marque fétiche, qu’elle soit coréenne ou californienne, vous optez pour l’achat du dernier modèle, qui vous revient à peu de chose près aussi cher qu’une pièce détachée ! Ce phénomène, appelé communément « obsolescence programmée », permet à nos chers fabricants de renouveler de façon quasi systématique leur parc tous les 2 ans pour les smartphones, 5 ans pour l’électroménager, 10 ans pour l’automobile…

Devant cette pratique, au fond assez immorale, le néerlandais Dave Hakkens propose en septembre dernier un projet nommé Phonebloks. Brillant, le designer poste donc une vidéo explicative sur le site de crowdfunding Thunderclap.it, et vous vous en doutez : c’est un carton !

Vous l’avez compris, il s’agit d’un téléphone en bloc. Construit autour d’une base commune, libre à vous d’y ajouter les composants correspondant à votre utilisation : batterie, appareil photo, mémoire, écran HD, les choix et les configurations sont infinis !

Le projet règle plusieurs problèmes :

  • d’abord celui du choix de son téléphone : ici on construit son appareil de A à Z, il collera à 100% à nos besoins !
  • ensuite l’obsolescence programmée : fini le rachat de smartphone, place au remplacement de pièce détachée !
  • pour finir l’impact écologique des déchets technologiques : on réduit considérablement le gaspillage de composants en ne jetant que ce qui est réellement hors d’usage.

Envie d’investir dans le projet  ? Désolé mais vous vous êtes fait doubler, et pas par n’importe qui ! Motorola, géant américain de la téléphonie, et accessoirement propriété de Google, géant tout court, s’est vite rapproché de Dave Hakkens pour mettre à sa disposition toute son expertise.

« Nous partageons une vision commune : développer une plateforme téléphonique modulable, universelle,personnalisable et faite pour chacun. »

Paul Eremenko, Directeur Technologique Motorola

 

Dans un communiqué, la firme américaine annonce avoir pris le leadership du projet (renommé pour l’occasion Ara), tout en s’appuyant sur la communauté créée par Dave Hakkens. Le projet va donc rester collaboratif, mais dans une certaine mesure seulement. Une équipe de chercheurs et de développeurs de la marque est déjà constituée pour faire émerger Ara le plus rapidement possible. Rappelons qu’il y a 3 ans, la marque Synapse One s’était déjà lancée dans la commercialisation d’un téléphone personnalisable : pas de nouvelles depuis… Nul doute que l’ambition de Motorola (et surtout de Google) est tout autre !

Motorola a également profité de cette prise de parole pour afficher les premiers visuels de ce que pourrait être Ara.

PHONEBLOKS ARA MOTOROLA

Plus coloré et plus esthétique, Motorola semble ici en mesure de rivaliser avec Apple et Samsung sur le terrain du design. Côté utilisation, difficile de vous en dire plus, mais nul doute que l’idée séduira beaucoup d’usagers, lassés de dépenser toujours plus pour des smartphones de moins en moins innovants, regorgeant de gadgets (donc de sources de pannes supplémentaires). Le lien de parenté avec Google nous indique d’ores et déjà un système d’exploitation Android, mais tout le reste demeure très flou.

Aucune date de sortie n’est pour le moment confirmée, mais Motorola laisse entendre qu’une première version pourrait être mise sur le marché cet hiver. Au niveau du prix, on ne sait rien non plus mais tout laisse penser que le positionnement de ce smartphone serait à l’inverse de l’iPhone : accessible et fait pour durer.

De quoi faire trembler les géants du marché ?