Googliser, Shazamer, Tweeter… Par la forme ou par le verbe, les nouvelles technologies sont omniprésentes dans notre quotidien. Devenir une référence comme ses illustres aînés, telle est la volonté assumée de Blippar, jeune entreprise britannique basant son développement sur une technologie novatrice : La réalité augmentée.

L’application Blippar

« Blipp v. & n. blipp-ed, blipp-ing: the action of instantaneously converting anything in the real world into an interactive wow experience. »

Disponible sur Iphone et Android, l’application Blippar permet de donner littéralement vie à toute sorte de contenu, en le « blippant » avec la caméra de son smartphone ou tablette. Simple d’utilisation, il vous suffit de pointer le logo d’une marque ou une page de journal pour débloquer une multitude de contenu additionnel ! Devant une telle avancée technologique, le spectre des opportunités pour les marques semble infini…

Mais plus qu’une longue liste de possibilités,  une vidéo s’impose.

Blippar : et tout devient possible…

Le potentiel de l’outil est immense. Dans un univers de consommation ultra-concurrentiel où l’optimisation du packaging est devenu stratégique, en dire beaucoup au client dans peu d’espace est primordial. Le système de reconnaissance visuelle ouvre donc le champ des possibles : une hésitation sur un film? Blippez et consultez les bande-annonces. Pas inspiré pour le repas de ce soir? Blippez et accédez à une liste de recettes. La lecture est ennuyeuse pour les enfants? Blippez la page et donnez vie aux personnages.

Blipp Domino's

A n’en pas douter, les Anglais de Blippar ont entre les mains de quoi mener une petite révolution de la consommation. La relation entre marque et client prend une nouvelle dimension avec cette interactivité en temps réel. Devant tant d’avantages a priori pourquoi l’application demeure-t-elle si confidentielle?

Blippar : de l’anonymat à la gloire?

Lancée en 2011, Blippar prévoit sur son site Internet un « développement global courant 2013 ». Au cours de ces deux premières années d’existence, la société s’est surtout attachée à rendre l’application la plus rapide et la plus fiable possible. Rien de pire en effet qu’une annonce de révolution traduite dans les faits par un résultat décevant, la version française de Siri d’Apple en est un exemple frappant.
Une fois stabilisés et sûrs de leurs arguments, il aura fallu convaincre les marques de l’intérêt d’un investissement sur ce type de support. De grands groupes internationaux sont rentrés immédiatement dans la course : Nestlé, Heinz, Unilever, Microsoft, Domino’s et bien d’autres. Mais plus que les marques, ce sont surtout les artistes qui ont été séduits : vous serez donc ravis d’apprendre que Justin Bieber est Blippable.

Blipp Heinz

Le retard, une spécialité française?

Il n’y a pas que la conduite à gauche et le pudding qui peinent à s’imposer hors de Grande-Bretagne. L’immense majorité des contenus sont d’origine anglo-saxonne et on ne compte aucun Français parmi les marques présentes. Sommes-nous à ce point en retard, ou seulement plus pessimistes sur l’impact réel de cette technologie à date?

En effet seules quelques marques distribuées en France sont Blippables : les boissons Vitamin Water, le ketchup Heinz, etc. Tout heureux de trouver dans mon épicerie une marque proposant une « expérience digitale » vantée par Blippar, j’ai testé pour vous l’animation des étiquettes Vitamin Water. Sur l’étiquette, un dessin et un minuscule logo m’invitant à télécharger l’application sur mon Smartphone. Et c’est bien là que le bat blesse. A la différence du veillissant QR Code, que Blippar semble destiné à enterrer, il est quasi impossible de reconnaître un Blipp dans la nature! Le logo de l’application n’est pas suffisamment ancré pour être un facteur de reconnaissance, et le format des Blipps est infiniment varié. Le QR Code ne sera donc pas si facile à abattre…Trois chiffres pour appuyer mon propos : on estime à 89% le taux de connaissance des QR Code en France, et à 53% leur taux d’utilisation. Mais on oublie trop vite que seulement 1 Français sur 3 est équipé d’un smartphone! Au final cela laisse peu de place à Blippar sur le marché.

Blippar B

En plus de l’identification se pose également le problème du contenu. L’étiquette de Vitamin Water Blippée s’anime sur l’écran du smartphone sur un fond musical. La réalisation est parfaite et le rendu est bluffant. Mais pour quelle utilité? Blippar doit absolument être le gardien de son temple et, durant cette phase d’introduction de leur produit, veiller à proposer du contenu utile en plus d’être innovant. Dépasser l’image « gadget » et apporter un vrai plus dans l’expérience d’achat, voilà le nerf de la guerre pour ce nouveau média.
Avec une identification des Blipps difficile et une notoriété embryonnaire, Blippar va devoir mettre les bouchées doubles en terme de communication pour sortir de l’anonymat, sous peine de se voir doubler par un géant.

Mais que fait Google?

La reconnaissance d’image, Google sait faire. La recherche de contenu sur le Web, Google en est à l’origine. C’est déjà un bon début. Mais lorsque l’on imagine une telle application sur les Google Glass, il paraît évident que Blippar peut rapidement être confronté à une sérieuse concurrence. Avec un avantage loin d’être négligeable : personne ne passe son temps en magasin à scruter les produits derrière son écran de Smartphone. A travers des lunettes par contre, cela est plus facile…
Le temps est donc compté pour Blippar, avec l’objectif de s’ancrer dans l’esprit collectif et de devenir un média crédible pour les marques, avec des retours sur investissement conséquents. Prévues en 2014, les Google Glass ne seront pas démocratisées avant longtemps car coûteuses et en réelle rupture avec le marché, et c’est bien là la chance de Blippar…