Google continue de tisser sa toile sur le Web. Avec l’acquisition la semaine dernière de Flutter pour 40 millions de dollars, le géant du Web s’offre un des leaders de la technologie de reconnaissance de mouvements. De quoi inquiéter Microsoft et sa Kinect ?

Avec le rachat de Flutter, jeune start-up californienne, Google se dote donc d’un spécialiste de la reconnaissance de mouvements sur ordinateur. L’application, déjà disponible sur le Chrome Web Store, permet de commander certains logiciels ou sites Internet par de simples gestes : iTunes, QuickTime, VLC, Spotify ou encore YouTube. La force de l’outil, c’est donc sa compatibilité avérée avec plusieurs de nos logiciels quotidiens. Pour ce qui est de l’utilisation, elle ne nous semble pas évidente. En effet, si pour un film il semble normal que vous restiez devant votre ordinateur, qu’en est-il de la musique ? Restez-vous scotché à l’écran lorsque vous écoutez votre album préféré ? Pour être complet, l’outil devra donc également se doter d’une reconnaissance vocale qui, à l’instar de la Kinect de Microsoft, vous permettra de commander votre ordinateur même sans lui faire face.

 

Après analyse et test de l’application, nous demeurons sceptiques. Une telle technologie semblait à la portée d’un groupe tel que Google qui dépense des milliards de dollars dans la recherche.  De plus, l’an dernier, Google rachetait déjà Viewdle, une autre start-up spécialisée dans la reconnaissance de mouvements et la réalité augmentée. Alors quelle est la valeur ajoutée de Flutter ?

Google : la guerre du brevet

Nous ne vous apprenons rien, le marché des hautes technologies est surtout un marché stratégique où le brevet est synonyme d’avantage concurrentiel. Les évolutions ou les innovations ne peuvent se faire sans développer ses propres technologies, à partir du moment où elles diffèrent réellement de celle du voisin. Devant la multitude d’acteurs et de produits, il devient donc impossible de créer un produit de toute pièce sans être confronté au problème de la propriété intellectuelle de telle ou telle technologie. Devant ce problème, une seule solution : l’acquisition.

Avec Flutter, Google ne rachète ni un concurrent ni un allié, il achète un brevet. Purement et simplement. En tissant sa toile, Google oblige ses concurrents à passer par une autre technologie que la sienne pour développer leurs outils de reconnaissance de mouvements. Et plus on a de brevets, plus on met des bâtons dans les roues d’Apple, Samsung et compagnie.

Difficile d’anticiper la stratégie de Mountain View sur le sujet, car ni Flutter ni Larry Page n’ont donné de pistes quant à son utilisation. Déjà présente sur leur navigateur Internet Chrome, la technologie pourrait être déployée rapidement sur Android. Cependant, il faudrait être fou pour ne pas penser à une application sur les Google Glass ! Une reconnaissance de mouvements couplée à un système de réalité augmentée pourrait permettre aux porteurs des lunettes d’accéder à une multitude de contenu en regardant simplement un objet ou une publicité. Bienvenue dans le futur…