Il est désormais possible (depuis le 30 mai), via un formulaire, de demander à Google d’effacer les informations qui vous concernent des résultats de recherche de son moteur. Ce nouveau droit vient d’apparaître suite à une décision de la Cour de Justice européenne concernant une plainte d’un citoyen espagnol sur la présence d’informations compromettantes le concernant. En effet, des sites Internet avait relayé des articles de presse relatant sa dette envers la sécurité sociale et sa volonté de vendre un bien immobilier pour la rembourser.

Droit à l'oubli ?

Avec le recul, nous nous sommes tout de même posés une question  : est-il réellement possible de disparaître totalement des écrans radar de Google ? En pratique, cela semble un peu plus complexe… La démarche n’est pas très simple et concernant le résultat, aucune certitude d’une suppression totale des résultats de recherche !

Concernant la marche à suivre, il vous faudra avant tout envoyer la copie de votre pièce d’identité à la firme de Moutain View (en cours de validité, cela va de soi…). Ensuite, l’internaute devra intégrer dans le formulaire l’intégralité des liens devant subir une analyse de Google. Pour information, si toutefois votre nom n’apparaît pas clairement sur les pages mais qu’elles vous concernent tout de même, il faudra pour chaque lien, expliquer clairement la raison de votre demande de suppression des résultats de recherche.

Droit à l'oubli ?

Après envoi et si toutefois votre demande est validée par Google, les liens litigieux seront supprimés des résultats sur tous les moteurs de recherche Google… mais européens seulement ! Eh oui, nous vous rappelons que la décision de justice concerne l’Europe et non pas l’intégralité de notre planète. Dans tous les cas, Google reste le juge de toutes les demandes et il pourra donc refuser votre volonté si toutefois le géant décide que les liens ont une utilité historique, scientifique ou statistique. Aussi, si vous êtes une célébrité, vous pouvez totalement oublier ce formulaire : votre demande ne sera même pas traitée.

Dans tous les cas, n’oublions pas qu’Internet évolue constamment. De ce fait, même des liens supprimés peuvent toujours réapparaître…

Droit à l'oubli ?

Malgré tout, ce nouveau formulaire Google pour le droit à l’oubli est un véritable succès… Le premier jour, plus de 12 000 requêtes ont été effectuées et aujourd’hui, c’est plus de 50 000 personnes qui ont tenté leur chance à la loterie de l’oubli.

Selon le PDG de l’agence Reputation VIP, Bernard Girin « il y aura 500 000 à 1 million de demandes d’ici un an. ».

Google risque donc d’embaucher car les salariés vont avoir du pain sur la planche pour traiter toutes les demandes et surtout les analyser afin d’étudier les fausses requêtes, les injustifiées, ainsi que bien entendu les légitimes… C’est en réalité un débat de longue date qui vient d’être ravivé entre le droit à l’oubli et le droit à l’information. De ce fait, un rapport sera publié début 2015 par Google qui vient de créer un comité consultatif coprésidé par son président, Eric Schmidt et son vice-président en charge du développement, David Drummond.

Aucun doute, nous sommes en train d’assister à une mutation du Web. La confidentialité semble tout simplement devenir aujourd’hui essentielle. Le scandale de la NSA, les réseaux sociaux qui font désormais débat, la création de Tor : la face cachée d’Internet 100% anonyme, de sites spécialisés  pour disparaitre du Web… et maintenant ce formulaire Google de droit à l’oubli. Bref ! Les signaux d’un mécontentement grandissant ne manquent pas.

Notre société évolue et Internet se doit donc de changer pour s’adapter à ses utilisateurs toujours plus exigeants. Problème, la machine est lourde, très lourde et vous pouvez nous croire, le chemin est encore très long… Aujourd’hui, Internet ce n’est pas seulement notre ordinateur mais l’intégralité des objets connectées (smartphones, TV, bracelets, montres, balances…) qui fournissent aux entreprises de l’or… Cet or, ce sont nos données qui représentent aujourd’hui des millions d’euros et demain des milliards. Analysées, elles permettent de créer de la publicité personnalisée, tout simplement le nerf de la guerre du 21ème siècle et cette guerre ne fait que commencer…